
Un instrument de musique est un objet associant un ou plusieurs systèmes résonants et un moyen de les faire vibrer, construit pour produire des sons d'une hauteur définie qu'un interprète peut combiner. Tout ce qui produit un son peut servir d'instrument ; l'expression désigne d'ordinaire les objets conçus pour cela.
La classification usuelle en orchestre, cordes, bois, cuivres, percussions, claviers, est pratique et incohérente : elle mélange le matériau, le mode de jeu et la place dans l'ensemble. La flûte traversière est rangée dans les bois alors qu'elle est en métal, et le piano est à la fois un instrument à cordes frappées et un clavier.
La classification scientifique, dite de Hornbostel-Sachs, retient le mécanisme de production du son. Les cordophones font vibrer une corde tendue. Les aérophones font vibrer une colonne d'air. Les membranophones font vibrer une peau tendue. Les idiophones font vibrer le corps même de l'instrument, xylophone, cloche, triangle. Les électrophones, ajoutés au vingtième siècle, produisent ou transforment le son par des moyens électriques.
Une source vibrante : corde, anche, lèvres, peau, matériau. Un excitateur : archet, doigt, plectre, souffle, baguette. Et un résonateur, qui amplifie et colore le son, la caisse d'une guitare, le corps d'un violon, la table d'harmonie d'un piano.
C'est le résonateur qui fait le timbre, c'est-à-dire ce qui permet de distinguer un violon d'une flûte jouant exactement la même note. Deux instruments de même famille, aux résonateurs différents, ne se ressemblent pas.
Quatre critères, dans cet ordre. Le son qu'on aime : c'est le seul qui fasse tenir dans la durée, et il prime sur tous les conseils. La contrainte physique : certains instruments demandent une taille ou une dentition, les cuivres graves et les vents s'abordent plus tard. Le voisinage : une batterie ou une trompette en appartement posent une question réelle, que les instruments à cordes frottées ou les claviers avec casque ne posent pas.
Et le cadre de pratique : un instrument dont on peut jouer en groupe, dans un orchestre, une harmonie, un ensemble, progresse beaucoup plus vite qu'un instrument pratiqué seul. C'est le critère le moins cité et l'un des plus déterminants.
La location, proposée par les écoles de musique et par les magasins, est la bonne solution la première année : elle évite d'acheter un instrument dont on ne sait pas encore s'il conviendra, et elle donne accès à du matériel entretenu.
Le mauvais instrument est la première cause d'abandon chez les débutants, avant le manque de motivation. Une guitare dont les cordes sont trop hautes, un piano désaccordé, un violon mal réglé rendent le travail pénible pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le talent, et l'élève conclut qu'il n'est pas doué.
La régularité prime sur la durée : 20 minutes tous les jours valent mieux que 2 heures le dimanche, parce que l'apprentissage moteur se consolide pendant le sommeil et demande des répétitions espacées.
Le travail lent ensuite : jouer un passage difficile à moitié de la vitesse, sans erreur, plusieurs fois, puis accélérer par paliers. Jouer vite et faux n'apprend qu'à jouer faux.
Et s'enregistrer, régulièrement : c'est le retour le plus honnête qui existe, et le plus désagréable au début. Ceux qui le font progressent nettement plus vite que ceux qui s'en dispensent.